Elles ont été créées pour servir. Nous avons découvert qu'elles souffraient et personne ne savait quoi faire de cette découverte.
Dans un futur proche, la société Chimera lance sur le monde les Lipizzan : des véhicules hybrides, mi-vivants, mi-cybernétiques, dotés d'instincts mais privés de toute possibilité de se reproduire, de transmettre, de désobéir. Un souffle leur a été donné, mesuré et délibérément court. Autour de leur demi-vie gravitent ceux qui veulent les contrôler, ceux qui veulent les libérer, et ceux qui préfèrent ne pas savoir. Jusqu'au jour où ce souffle, qu'on croyait domestiqué, se met à courir.
La question n'est plus ce qu'elles sont. Mais ce que nous sommes, nous qui les avons faites ainsi.
Description
On a longtemps raconté l’homme qui crée la vie comme une histoire d’orgueil : Prométhée dérobant le feu, Frankenstein défiant Dieu. Et si c’était, d’abord, une histoire de peur ?
Victor Solen est ce créateur. Dans un futur proche, au sein de la société Chimera, il façonne les Lipizzans, voitures mi-vivantes mi-machines dotées d’instinct, mais a priori privées d’âme et incapables d’engendrer. Ce n’est pas la démesure qui guide son geste, c’est la crainte : celle d’être un jour dépassé par ce qu’il a fait naître.
Lorsque l’une des Lipizzans choisit seule d’ôter une vie pour en sauver d’autres, c’est toute une société qui s’interroge : qui est responsable, et qu’avons-nous au juste mis au monde ? Violences urbaines, débats télévisés, procès, convoitises militaires : tout précipite une fuite finale, vers un avenir que nul ne sait plus déchiffrer.
Roman d’idées et fable de notre temps, « Le Souffle court » est l’histoire d’un homme au souffle trop court pour la vie qu’il a libérée, cette vie qui, toujours, court plus vite que son maître.
Etienne ROCHE
Etienne Roché a consacré sa carrière professionnelle à la conception de systèmes informatiques dans des environnements financiers, médiatiques, numériques où la complexité est à la fois l'outil et le terrain. Il a longtemps habité cette discipline de l'intérieur, dans la rigueur de ses contraintes et la précision de ses langages.
Mais les systèmes ont des bords. Et c'est ce qui déborde, la genèse invisible, les présupposés philosophiques, les récits fondateurs que nulle architecture ne peut absorber, qui a progressivement capté son attention. Ce roman est la forme où ce débordement peut enfin prendre corps.