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Les Francs Maçonneries symboliques actuelles proviennent-elles de la maçonnerie opérative de métier ?

12 décembre 2025 par
Nathan Eric BESSIS

Auteur de La Franc-Maçonnerie sous le Rite Écossais Ancien et Accepté, jusqu’en 1805. - Édition Le Compas dans l’Oeil - 2025. Voir l’onglet Boutique.


Ce soir j’ai décidé de mettre à mal toutes vos certitudes. Ne sommes-nous pas içi pour nous perfectionner ?

Nul besoin de se référer à l’histoire des confréries de constructeurs, et autres bâtisseurs, pour examiner les origines de nos rituels, tout au moins aux 3 premiers degrés symboliques. 

Précisons d’emblée que le premier et deuxième degré auraient pour origine la Franc-Maçonnerie opérative; il n’en est pas de même du troisième degré, d’inspiration biblique.

Comme nous le savons tous, il existe des rituels d’ouverture, de fermeture des travaux, de table, de reconnaissance, de ST Jean, funèbre, d’installation du VM et des officiers, de réception de dignitaire, etc...

Les compagnon-maitres bâtisseurs, des intellectuels scientifiques, mathématiciens architectes, ingénieurs.


INTRODUCTION : 

Le point, la ligne, la courbe, le plan, le volume.

Le carré (long), rectangle, le cercle, le triangle, l’octogone, le dodécaèdre et ses dérivés sont les bases de l’Art du Trait et de l’Art Royal. 

L’équerre, le compas, le fil à plomb, le levier, la règle à division, la corde à 13 noeuds du charpentier, l’auge du maçon, la hache, l’ascia à double tranchant, l’herminette (petite hache courbe pour aplanir la surface du bois), le maillet et son ciseau, et le cordeau imprégné de craie du maître d’oeuvre, la pierre brute, outils essentiellement opératifs manipulés par la main (Yad, en hébreux à rapprocher de Yod, première lettre du tétragramme divin) sont le prolongement de la pensée; les deux mots en hébreux sans voyelle (YD) sont identiques, fruits de l’union de la terre et du ciel, de la matière et de l’esprit, à la gloire du Très Haut. 

Sans compter le nombre d’or et la divine proportion rectangle d’or ou Section Dorée, diffusée par le moine Frater Luca Pacioli en 1509 et connu d’Euclide au troisième siècle avant notre ère, sous le nom de « Division d’une droite en extrême et moyenne raison ». Le tout provenant du métier, des métiers de constructeurs.


Alors, pourquoi la Franc-Maçonnerie symbolique (et non pas bleue) a t-elle adopté ces symboles des métiers de la construction?


La Franc-Maçonnerie serait-elle un syncrétisme ?

La Franc-Maçonnerie contemporaine, dite «moderne» , qui pourtant se veut traditionnelle, et non pas celle de 1717, où rien ne s’étant passé, si ce n’est l’union de quatre loges à la Saint-Jean d’été, qui truisme, existaient avant cette date. Un document de 1688 montre bien que la FM, dite symbolique, était déjà en cours. Anderson l’affabulateur, faisant remonter la Franc-Maçonnerie à Adam, l’inventeur à l’imagination fertile des Constitutions de 1723 où il n’est pas question de la création de la Grande Loge de Londres et de Westminster a induit des croyances et pseudo-survivances de la tradition (laquelle ?) encrées dans l’esprit de nombre de Maçons, Maçonnes; 


Marre des clichés, «rabachis» et autres psittacismes. 

Au nom de principes andersoniens, certaines obédiences réfutent, refusent la présence du genre féminin (des Soeurs) dans les loges, alors que la Franc-Maçonnerie d’adoption dite des Dames remonte à 1746 ! Laquelle fut mixte, puisque dirigée par un homme VM, assisté de la Vénérable Maitresse.

Des personnages comme John Boswell, Robert Moray, Elias Ashmole ont été initiés (fait - made maçons) bien avant 1717. Arrêtons nos ignorances ou croyances basées... sur rien. L’argument d’autorité est à bannir, à rejeter, à combattre même s’il provient du premier d’entre nous. Cessons de nous laisser berner.et manipuler. La Franc-Maçonnerie moderne n’est pas née en 1717 c’est un mensonge politique, mais au moins en 1688, pour ne pas dire avant jusqu’à découverte de nouveaux documents historiques. Car si l’historien (dont je ne suis pas) se base sur des preuves intangibles, tandis que le pseudo spiritualiste-symboliste, lui, se fonde sur des mythes erronés, légendes, psittacismes, erreurs de traduction et autres rêveries, flattant sa paresse intellectuelle. Je te le dis, donc c’est vrai.Bien mon F, tu as probablement raison mais sur quels documents te bases-tu ? Observez le blanc qui trahit une non connaissance pour rester poli.


Revenons à notre interrogation.

Postulat : la franc-maçonnerie dite «moderne» tire son origine d’influences professionnelle, sociale, et religieuse, voire militaire

. Oui, mes SS et FF, je ne le dis qu’une fois, la Franc-Maçonnerie de 1723, avec la création de la Grande Loge de Londres et de Westminster fait suite aux guerres de religions, aux guerres civiles et à la lutte pour le pouvoir : stuartistes contre hanovriens ou catholiques papistes contre protestants, contrairement à ce que nos obédiences refusent d’admettre (ca. Que faut-il de plus ? 


Ni politique ni religion clament-ils et pour cause !

Alors quoi, le symbolisme : fatigant, usant, lassant, mais au moins tout le monde est d’accord puisque nous ne sommes jamais d’accord sur les multiples interprétations et heureusement, car chacun la sienne. Mais pas de politique, ni de religion. La seule religion est celle sur laquelle tous s’entendent, faite d’humanité, d’Agape, de fraternité. 

La religion universelle, mon oeil ! Belle utopie quand une certaine obédience demande, avant l’initiation, lorsque le profane est au seuil du temple, s’il est de confession catholique !!! Au Rite Écossais Rectifié ou mieux au Rite suédois d’inspiration catholique par exemple.

Willermoz et autres Zinnendorf !

Autant aller à l’église romaine ou pire être adepte de l’église romaine apostolique voire gnostique !!!


Quid de l’origine de notre maçonnerie ?

Nos rituels proviendraient donc des « Old Charges » ou Anciens Devoirs avec des mots, attouchements et des «catéchismes» (questions et réponses). Ce sont ceux des bâtisseurs qui souhaitaient se faire reconnaitre par un maître, quelque soit la ville où débutait un chantier, pour se faire embaucher, le maître d’ouvrage étant un compagnon reconnu pour son expertise dans l’Art de bâtir; le degré de maitre ou Scot Master est probablement né en 1730 à Bath et Londres.


DES ORIGINES SUPPOSÉES DE LA FM SPÉCULATIVE

Une étude (bien que non récente) réalisée en 1909, portant sur les ouvrages de 206 auteurs maçonniques permettait de constater que : 

- 28 faisaient remonter les origines de la Franc-Maçonnerie aux constructeurs de cathédrales, 

  • 18 en Égypte
  • 12 aux templiers
  • 11 aux rois anglo-saxons
  • 10 aux premiers chrétiens
  • 20 aux premiers jours de la création 
  • les autres n’osant pas alors se prononcer.


La séparation entre maçonneries opérative et spéculative, a fausser la compréhension exacte de la nature de la franc-maçonnerie. Il convient de préciser que les auteurs et historiens anglais et français s’ignoraient; qu’enfin les traductions de textes, du vieil anglais, sont quelques fois approximatives, voire erronées.


Les symboles et les rituels des tailleurs de pierre : 

La franc-maçonnerie est spéculative depuis le 17 e siècle. Cela signifie qu'elle utilise les symboles du métier de constructeur comme sujets d’étude et décorum des loges.

le terme opératif concerne la Franc-Maçonnerie d'avant 1717, une date considérée comme la naissance officielle de la franc-maçonnerie dite spéculative ou de celle composée uniquement de Francs-Maçons (en fait, faux car 1717 ou 1723 a vu le création d’une organisation proto-obédientielle). 

Au 18e siècle, les Francs-Maçons français parlaient de maçonnerie de pratique. Anderson n'a jamais écrit à propos de la maçonnerie de 1717 dans ses constitutions, seulement dans celles de 1738, soit environ dix-huit après. Étrange non ?

Alors qu’il fait remonter la maçonnerie à Adam lui-même !!!

Et pourquoi pas aux anges (malachims -מלאך) ?

Cette distinction entre opératifs et spéculatifs est pratique, mais elle peut nous empêcher de bien comprendre ce qu'était vraiment la Franc-Maçonnerie opérative. 

Comme nous n’avons pas de preuves quant à l'utilisation de mots de reconnaissance ou de grades, on imagine souvent que les loges opératives écossaises d'avant la fin du 16e siècle étaient juste des organisations de métier, dont les secrets servaient à protéger; un monopole de connaissances professionnelles. Au contraire, certains auteurs occultistes pensent que les opératifs avaient des connaissances exceptionnelles, même dans l'ésotérisme, mais sans aucune preuve.

En réalité, la division opératif / spéculatif n'a pas beaucoup de sens. Le métier ne se limite pas à tailler la pierre : il y a aussi toute une dimension intellectuelle importante, comme la conception et le dessin de voûtes complexes.pour les maitres (compagnons expérimentés). L'étude des compagnons tailleurs de pierre en France, sous l'Ancien Régime, montre que beaucoup d'entre eux étaient davantage des architectes et des ingénieurs que de simples maçons. Francs-Maçons contemporains, mais un peu moins cultivés, si ce n’est beaucoup moins. Pardon de dire ce que je pense.

En fait, on sait aujourd'hui que la franc-maçonnerie spéculative est née et s'est développée tout au long du 17e et 18e siècle et qu'elle vient davantage de loges écossaises de tailleurs de pierres et anglaises, de la fin du 16e siècle. Mais on ne sait pas encore exactement comment elle est née, ni quelles sont les racines sociales et culturelles de ses origines. Il reste des zones d'ombre, et ce qui est étonnant 'est que cela concerne surtout le métier lui-même, qu'on voit souvent d'une manière trop limitée. Ils ne sont pas les manuels et nous les intellectuels !

Ce serait et c’est surement l’inverse.


Théories d’auteurs : 


Etant parfaitement indécis pour répondre à cette question, je ne peux que me référer aux illustres auteurs dont :


1. Eric Ward, en 1978, avec sa conception de la théorie de la naissance originale, de

la maçonnerie spéculative, souhaitait la faire remonter aux constructeurs de cathédrales. Il contestait la théorie andersonienne, qui postulait pour un réveil de la maçonnerie opérative par la maçonnerie spéculative, en proposant la théorie de l’emprunt (The birth of free masonry - A.Q.C. 91, 1978); cette dernière fut elle- même contredite par la théorie politique des difficiles relations des Stuart (écossais jacobites et catholiques, voire papistes) avec le trône d’Angleterre. La difficulté historique consiste à savoir comment et pourquoi se sont créées des loges spéculatives, proches de la maçonnerie écossaise, à la fin du XVIIe siècle. Et, fondamentalement, Stuartiste. Ceux-là mêmes qui défendaient et prônaient l’absolutisme et le dogme, le pouvoir de droit divin et le papisme. Eric Ward concluait par ces phrases : […] 

« Il est possible de discerner des signes d’un rituel maintenant familier; on s’aperçoit qu’il est surtout d’origine opérative et indubitablement emprunté ». 


Dès 1640, des loges non opératives sont mentionnées et Ward conclut que les loges anglaises étaient indépendantes du métier. La théorie de la maçonnerie spéculative est née voici des temps immémoriaux. Il y existe peu de preuves que les Maçons acceptés prenaient leurs racines dans l’art de la construction. 


La Maçonnerie acceptée, avec comme témoignage le cercle de la London Company of Masons, fut un nouveau mouvement, émergeant en Angleterre au XVIIe siècle, libre et indépendant du métier, comme se créaient de nombreux clubs de pensées (think tank aujourd’hui). 

De nouveaux Maçons de la Société Royale s’intéressaient à l’étude de la nature, à la médecine scientifique, à l’étude de vieux livres et manuscrits; ils empruntèrent des formules des Old Charges, utilisèrent les outils des maçons opératifs comme symboles et adoptèrent les principes du manuscrit Régius de 1390. Cette théorie fut reprise par René Guilly, puis Roger Dachez, dans Renaissance Traditionnelle et semble être acceptée par la majorité des historiens.

Théorie de Ward vers 1970 : il remet en cause la théorie de l’historien Harry Carr. Pas de continuité entre la maçonnerie opérative et spéculative. En 1977, il plaide pour sa théorie dite de l’emprunt, car les spéculatifs auraient emprunté « les textes des Old Charges ». La maçonnerie est, selon lui, un produit des Lumières.


Selon Eric Ward :

- La maçonnerie acceptée, nouveau mouvement en Angleterre au XVIIe siècle, fut libre et indépendante.

- Il y a peu de probabilité que les Maçons libres et acceptés aient eu leurs origines dans les métiers médiévaux de la pierre.

  • Il met l’accent sur une création plus ou moins nouvelle de la Franc-Maçonnerie spéculative au XVIIe siècle en Angleterre, par un groupe de personnes acceptées au sein de loges de maçons, dans un contexte intellectuel et social particulier, plutôt qu’une simple transformation graduelle des guildes opératifs.


Eric Ward, ses écrits :

« The Birth of Freemasonry » A.Q.C., vol. 91, Londres, 1978,


2. Harry Carr (1900 - 1983) a développé la théorie de la transition transitionnelle, se fondant sur l'étude des Old Charges datant de 1390 à 1790.

« J’insiste sur le fait que notre Franc-Maçonnerie, spéculative, descend directement de la Maçonnerie opérative, dont nous pouvons remonter aux débuts jusqu'à la plus ancienne organisation, parmi les maçons, en 1356. 

«Il s’est développé en grande Bretagne à partir des métiers de la construction et des fraternités dont l’histoire remonte à environ 600 ans en Angleterre...

Carr s’appuis sur les Old Charges ou Anciens Devoirs débutant vers 1390 et allant jusqu’au 18me siècle. Au sein, dit-il; de la London Mason’s Compagny existait un groupe restreint et distinct dénommé «l’Acceptation» , dont le rôle était de faire des francs-maçons d’où «Accepted Masons».

De la maçonnerie opérative : c’était l’entreprise d’origine qui a progressivement changé de caractère, en fonction des besoins de son temps… ». Il s'appuyait aussi sur la London Company of Masons, dans laquelle existait un groupe de maçons dédié à la création de nouveaux

« accepted massons ».

Dans la revue d’érudition A.Q.C., vol. 91 - 1978, dans « The Transition From Operative to Speculative Masonry », il insiste en affirmant que la Franc-Maçonnerie spéculative n'a pas repris la maçonnerie opérative, mais que celle-ci s'est adaptée graduellement, en fonction de son époque, avec une parfaite linéarité.


Selon Harry Carr :

La transition de la maçonnerie opérative à la maçonnerie spéculative n’était nullement une ancienne organisation reprise par une nouvelle. C’est bien l’ancienne organisation qui, au fil du temps et au regard des circonstances, a graduellement muté avec une parfaite continuité. Théorie dite de la transition. Continuité directe et progressive entre opératifs et spéculatifs.


Harry Carr, ses écrits :

A.Q.C., vol. 91 - 1978 et The Transition From Operative to Speculative Masonry,

Prestonian Lecture, 1957.

600 Years of Craft Rituels – A.Q.C. - vol. 81 - 1968, pp 153 et suiv.

https://data.bnf.fr/see_all_activities/14356146/page1

La théorie de la transition fut remise en cause, au Royaume-Uni, à partir de 1970, et

remplacée par la théorie de l’emprunt.


3 - Frederic William Seal-Coon s’interroge sur l’existence de la Franc-Maçonnerie spéculative, et de sa supposée conspiration politique, au XVIIe siècle et propose des preuves : un royaliste, Elias Ashmole, fut admis à la Maçonnerie dans une loge occasionnelle, à Warrington, en 1646. Il le mentionna dans son journal. En 1665, Randle Homme fut fait Franc-Maçon, dans une loge à Chester. Fut-ce réellement une loge, ou un rassemblement convivial de riches commerçants, après la restauration ?


Selon Frédéric W. Seal-Coon : théorie de la conspiration à la communion

Ces loges étaient conspirationnistes et royalistes, avec des signes secrets. Elles se sont révélées lors de la restauration de 1660, utilisant des rassemblements conviviaux pour développer l’unité, interdisant toute discussion politique ou religieuse. Seuls les thèmes maçonniques étaient abordés, développant l’intérêt pour l’architecture (mathématiques) et l’archéologie.

Il se demande si la FM spéculative existait au 17me siècle :

  • Elias Ashmole royaliste a été admis à Warrington en 1646.
  • Randle Holme III a été fait maçon dans une loge à Chester en 1665. Fut ce une loge ou un rassemblement convivial après la Restauration avec l’absence de répression Cromwellienne ?
  • - Robert Plot dans «The Natural History of Staffordshire 1686, fait référence à la société des Francs Maçons dans tout le pays.
  • John Aubray en 1686 fait lui allusion à la Fraternité des maçons adoptés ou francs maçons
  • Apres avoir fourni des preuves Seal Coon prétend que ces loges étaient une couverture des réunions conspirationnistes de royalistes identifiés par des panneaux secrets et se sont révélés au grand jour avec la Restauration favorisant l’unité, la bonne volonté, avec de bons festins et interdiction de discuter de politique et de religion.  


Frederic W. Seal-Coon, ses écrits :

The Birth of Freemasonry - (Another Theory) - A.Q.C. - vol. 92, 1979, p 99 et suiv.

An historical account of Jamaïcan Free- Masonry - Golding Print - 1976

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4 - Collin Dyer, (1910-1987), la théorie de la base religieuse - création délibérée, secrète et non liée à la construction (AQC 95 1982)


écrivain anglais, initié en 1955, par la Sydenham Lodge, puis vénérable maître de la loge de recherche Quatuor Coronati en 1971, a développé la théorie de la base religieuse. Il exprimait de sérieux doutes quant aux influences opératives écossaises, justifiant cela par les différences de pratiques de construction en Angleterre et en Écosse (l’Angleterre utilisant la pierre anglaise ou celle importée de Caen - Calvados) et l’Écosse utilisant la brique. 

Il est peu probable que la maçonnerie opérative écossaise ait pu influencer la Franc-Maçonnerie anglaise.


- Jusqu’à l’Union de 1813 entre les « Antients et les Moderns », l’Angleterre et l’Écosse restèrent ennemies. 

  • Les pratiques de construction en Angleterre et en Écosse restèrent différentes
  • Il est très douteux, voire improbable, que la maçonnerie opérative écossaise ait influencée la maçonnerie spéculative anglaise
  • La Franc-Maçonnerie anglaise spéculative a bien été établie vers 1660, avec réception d’Ashmole (1646) - made mason.


Avec Edouard VII, 1547, la théologie calviniste devient officielle, inversée et contredite par Marie 1re avec le retour  du catholicisme romain fondamentaliste


Avec Élisabeth I,  1558 la nation est divisée en trois :

Les Anglicans pratiquant les 39 articles de religion de l’église d’Angleterre 

Les protestants extrêmes qui n’épouse pas une hiérarchie épiscopale 

Enfin les catholiques restant fidèles à Rom

Sous Édouard VI, la théologie devint officielle, mais fut contrariée par Marie I avec le catholicisme romain fondamentaliste et intégriste.

Dyer pensait que la Franc-Maçonnerie avait pris naissance en 1560 - 1570, sous le règne d’Élisabeth Ire. D’ailleurs, le rituel commençait par une invocation (prière ?) Trinitaire. La Franc-Maçonnerie devait être d’origine chrétienne.


Selon Collin Dyer :

La Maçonnerie devait avoir une base chrétienne, avec le règne d’Élisabeth I 1560-1580, car les rituels tels le MS Grand Lodge débutaient par une prière trinitaire et non par une évocation au métier de la pierre ou de la construction. 

Conspiracy to Fellowship : de la Conspiration à la Fraternité. Pour lui les premières loges étaient des lieux de réunions secrets pour les royalistes stuartistes, réprimés sous le régime républicain. Position apolitique et areligieuse.


Collin Dyer, ses écrits :

Some Thoughts on the origin of Speculative Masonry, A.Q.C., vol. 95, 1982, p. 99 et

suiv.

Symbolism dans Craft Masonry (1976) William Preston and his Work. (1987) épuisé.


5 - Dr Robert Plot

 (1640 - 1696), Keeper of Ashmolean Museum, professeur de chimie à l’université d’Oxford, mentionnait dans le Natural History of StaffordShire, en 1686, que la société des Francs-Maçons acceptés, était présente dans les Moorlands et dans tout le pays, sans autre explication ou preuve apportée. Il fut membre de la Royal Society à partir de 1677. Andrew Durr présenta une théorie autre. Se fondant sur le journal d'Ashmole, il en déduisit que la Franc-Maçonnerie n’était ni opérative ni spéculative, mais une association d’aide fraternelle. Des aristocrates et des intellectuels la transformèrent en association spéculative, tout en maintenant les aides.

Robert Plot (non Maçon) : très critique à l’égard des Francs-Maçons. Il a attaqué l’institution maçonnique dans son livre. Ses arguments furent remis en cause, plus tard, par George Oliver, dans son livre A Detection of Dr Plot’s Account of the Freemasons, pour contester ses allégations et défendre la Franc-Maçonnerie.


6 - David Stevenson, directeur du Centre d'Etudes Ecossaises à l’université d’Aberdeen et diplômé des universités de Dublin et de Glasgow, dans ses ouvrages « Loges écossaises originelles et leurs membres », Bagnolet, Éditions Ivoire-Clair 2000 et « Maçonnerie, Symbolisme et Éthique, dans la vie de Sir Robert Moray – membre de la Royal Society » tous deux traduits par Patrick Soutrot – E book – E pub, a suscité l’indignation de certains Francs-Maçons et d’auteurs anglais, qui prétendent que les premières loges furent écossaises, au XVIIe siècle, et non anglaises. Selon lui, il y eut continuité entre les loges opératives, liées aux métiers et les loges spéculatives en Écosse. Les guildes anglaises ne pouvaient pas être considérées comme les ancêtres des loges spéculatives du dix-huitième siècle, car la majorité des documents apparurent non en Angleterre, mais bien en Écosse. L’ouvrage recense pas moins d’une vingtaine de loges, toutes datant du XVIIe siècle.


7 - Goblet d’Aviella (1846 - 1927), écrivain et professeur à l’université de Bruxelles, Grand-Maître et historien des religions, (Grand Commandeur en 1900) suggère une union entre les maçons du Moyen Âge et les philosophes. Il suggérait une transition et une association entre la maçonnerie spéculative du XVIe siècle, basée sur la compagnie des maçons de Londres et les savants mystiques pratiquant les arts de la Rose-Croix et de l’alchimie, notamment au sein de la Royal Society, qui y trouvaient refuge, pour leurs travaux secrets et potentiellement répréhensibles. Il mentionnait également des intellectuels, comme Newton, alchimiste.

« Cependant, vers la fin du XVe siècle, en Écosse et un peu plus tard en Angleterre, un élément nouveau s'était développé dans les Loges. Celles-ci s’étaient ouvertes à des personnes sans relations avec l’art de bâtir. Ces membres honoraires, appelés aussi spéculatifs, théoriques, géomantiques, par opposition aux maçons professionnels, pratiques, domatiques (domatics), furent d'abord des propriétaires terriens, des clergymen, des officiers, de grands seigneurs, dont le patronage pouvait servir les intérêts de la corporation. À partir du second tiers du XVIIe siècle, on voit s'y joindre, de plus en plus nombreux, des lettrés, des naturalistes, des médecins, des professeurs, des archéologues.

Dès 1646, comme nous l'apprenons par l’autobiographie d'Elias Ashmole, les « gentlemen » sont en majorité dans la Loge de Warrington. On trouve, dans des Charges rédigées en 1663, la règle que nul ne peut être reçu Maçon, sauf dans une loge comprenant au moins cinq Maçons, forcément « homme du métier » (workman of the trade of Free-Masonry). En 1670, la loge d'Aberdeen ne comptait plus, sur quarante membres, que huit ou dix professionnels; son Maître, en chaire, était un professeur (tutor)... ».

Source : Eugène Félicien Albert Goblet d’Aviella (1846 - 1925) : Des origines du grade de Maître dans la Franc-Maçonnerie. 1907 (Symbolon - 2019).


8 - Emmanuel Rebold (? - 1893) dans son « Histoire Générale de la Franc-Maçonnerie » - Éditions Equinoxe, titre page 23 : Fondation des collèges de constructeurs, berceau de la Franc-Maçonnerie.

Il décrit les corporations maçonniques en Bretagne, (p. 25), Les corporations maçonniques, dans les Gaules, (p. 34), en Allemagne, (p. 36); enfin, il expose la transformation de la Franc-Maçonne- rie matérielle en institution philosophique, (p. 38). Dans son titre, (p. 40), « Opinions diverses sur l'origine de la Franc-Maçonnerie, ses doctrines, son but, son avenir », Rebold différencie les auteurs. Il distingue ceux qui font remonter la maçonnerie aux initiations antiques, période où étaient enseignés les arts, la science, la morale, la législation, la philosophie, les phénomènes de la nature, dont les mystères de l'Égypte, et les écoles philosophiques comme les dionysiens, les thérapeutes, les esséniens, les pythagoriciens, ceux qui selon lui, induits en erreur par la corruption des mots hébraïques, la situent à l’époque du temple de Salomon, présenté comme initié aux mystères. Lequel temple, première manifestation publique, fut dédié à un Dieu unique des hébreux. D’autres auteurs attribuaient les fondements de la maçonnerie aux Stuart, voyant une allégorie à la mort de Charles 1er, mais considérés comme incultes, pour ne pas voir dans la mort d’Hiram, celle de Charles 1er. 

Nous pourrions citer encore d’autres théories de l’origine de la Franc-Maçonnerie symbolique (ou spéculative). Il existe bien un mystère des origines de notre pratique… Elles sont peut-être à rechercher dans un faisceau de causes convergentes : historiques, sociales et sociétales, politiques et religieuses, intellectuelles, origines de castes ou de clans. Bien que la recherche progresse, nous ne sommes pas réellement éclairés sur l’origine de notre pratique, tant divergent les théories.


Arrivé a la fin de ce fastidieux mais nécessaire développé, nous n’en savons pas davantage pour avoir une certitude quand à l’ancêtre de la maçonnerie dite moderne symbolique, spéculative, chevaleresque, ésotérique et autres noms d’oiseaux pour qualifier cette formidable méthode de ré initiation, visant le perfectionnement de l’être et du monde : belle utopie et prétention inter-obédientielle.

Ne me demandez pas si l’opératif a donné naissance au spéculatif, pourtant sujet de ce travail, je m’en sens parfaitement illégitime, malgré mes nombreuses lectures.

Comme l’écrivait Michael Baigent, (Théorie de la Royal Society), concernant l’origine de la Franc-Maçonnerie « il n’y a pas d’origine, c’est une bêtise mythique ». Il considérait, cependant, des liens entre Franc-Maçonnerie, la création de la Royal Society et l’hermétisme.


Conclusion :

Ce XXIe siècle permettra, je n’en doute pas, de connaître, enfin, le chaînon manquant, après la découverte de nouveaux documents par un cherchant, imitant ainsi, la démarche d’Alain Bernheim, avec le révérend père Bonfils de Vanves, ou comme Roger Dachez.


Alors bon courage à tous ceux, celles qui prônent des certitudes.

Nathan Eric BESSIS 12 décembre 2025
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