Se rendre au contenu

Les devoirs d’un franc-maçon

25 septembre 2026 par
Florence FERRARI

En tant que francs-maçons…

 

Rayonner au-delà du Temple

 En tant que francs-maçons, notre engagement ne s’arrête pas aux portes du Temple. Il nous appartient de porter dans le monde profane les valeurs que nous cultivons en loge : la liberté, l’égalité et la fraternité.

 Héritées des philosophes des Lumières, ces valeurs nourrissent la flamme de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen — une flamme qu’il nous incombe de maintenir vivante dans le respect exigeant d’un véritable État de droit.

 

Raison, justice et humanisme

 Géomètres de la raison, nous devons sans relâche remettre en cause toute forme d’injustice et exercer notre esprit critique. Une société ne peut se dire civilisée que si elle demeure fidèle à ses principes éthiques et au respect des droits humains.

 Ces droits engagent non seulement ce que nous sommes, mais aussi ce que nous voulons que le monde soit. Agir dans l’intérêt de l’homme, c’est agir dans celui de l’humanité tout entière.

 La Franc-Maçonnerie nous rappelle notre appartenance à une humanité commune, ancrée dans des droits universels. L’humanisme devient alors un art de vivre fondé sur la tolérance, le respect et le vivre-ensemble.

 L’homme s’élève par l’amour qu’il porte en lui. Il n’est pas une finitude : il porte en lui l’Infini, convaincu de la primauté de l’esprit sur la matière. La spiritualité, en ce sens, est une expérience intérieure qui nous aide à grandir en conscience.

 Mais cette ascension suppose un travail permanent sur soi : une introspection nécessaire pour reconnaître et réduire l’ego, un peu d’humilité et beaucoup de discipline intérieure pour acquérir un esprit de mesure et des règles de conduite justes et éclairées.

 Nous avons un devoir d’utopie : croire en la perfectibilité de l’homme, en sa capacité à progresser — intellectuellement, par le développement de notre esprit de discernement (de la rectitude de pensée dépend la droiture du comportement) — moralement, par l’acquisition d’une éthique sociale tournée vers le bien commun.

 

Écrire pour élever

 En tant qu’écrivaine, mes personnages traduisent cette quête : à travers leurs expériences, leurs épreuves et leurs rencontres, ils approfondissent l’humain qui est en eux.

 Mon engagement se poursuit donc aussi à travers mes romans, par les valeurs que je choisis de mettre en avant : humanisme, tolérance, justice, amour et élévation de la conscience.

 Car plus qu’une valeur, l’humanisme est le sens profond qui nous relie les uns aux autres. Écrire, c’est partager l’émotion, interroger la liberté, le courage, mais aussi la part d’humanité que nous portons tous.

 

Face au monde d’aujourd’hui

Notre société traverse une période de pessimisme quant à la nature humaine. Le radicalisme, le communautarisme, la violence et l’indifférence — en un mot, l’ensauvagement — semblent parfois l’emporter sur la raison et sur la fraternité.

Et pourtant, il est urgent de réapprendre à aimer l’homme, à célébrer ce qui fait sa grandeur : la solidarité, l’altérité, la beauté du cœur, autrement dit la bienveillance.

Conservons la capacité d’émerveillement et d’amour, indépendamment des désillusions de l’Histoire.

 

Transmission et avenir

Il est temps de nous réapproprier notre héritage culturel et humaniste. L’homme se définit beaucoup plus par l’acquis que par l’inné, par tout ce qui lui est donné d’apprendre ; sans culture, il devient étranger à sa propre humanité.

La culture ouvre l’esprit, éclaire la conscience et rend possible le libre arbitre, briseur de tous les déterminismes.

La transmission de ces valeurs demeure essentielle. Elle passe par l’école, surtout lorsque certaines familles n’assument plus pleinement leur mission éducative.

L’éducation à la citoyenneté, incluant l’apprentissage de la laïcité, doit guider chaque enfant dès la maternelle, afin de rappeler que l’homme a des droits, mais aussi des devoirs envers lui-même, autrui et la société.

Pour ma part, je défends une laïcité ouverte, qui protège la liberté de conscience sans renier l’héritage culturel et spirituel judéo-chrétien qui a façonné notre pays.

 

La planète comme entité vivante

Enfin, il nous appartient de prendre conscience que la planète est une entité à part entière, dotée de droits. En tant que francs-maçons, nous avons la responsabilité morale et spirituelle de la préserver pour les générations futures.

Nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne du vivant. L’harmonie avec la nature, le respect du vivant sous toutes ses formes et la préservation de notre environnement constituent un devoir initiatique et universel. Notre engagement ne peut être complet sans cette vision holistique du monde.

 

Une conscience en marche

Si, à l’instant présent de notre histoire, nous pouvons douter de la nature humaine, un regard sur le long cours montre au contraire un progrès de la civilisation, une irrépressible élévation de la conscience morale : la condition des femmes s’est améliorée, le racisme et l’homophobie reculent, les droits fondamentaux s’étendent et les plus fragiles sont mieux protégés.

Tout cela témoigne d’un monde qui, malgré son imperfection, tend vers plus de justice et d’inclusion.

Demain, je l’espère, une philosophie spiritualiste fédérera les peuples autour de valeurs communes — humanistes — telles que l’écologie, la liberté, l’égalité, la fraternité et le vivre-ensemble. Cette évolution fera de nous, avant tout, des citoyens du monde, conscients d’œuvrer pour le patrimoine commun de l’humanité.

 

Pour un avenir commun

L’urgence écologique pourrait bien être l’élément déclencheur de cette prise de conscience. L’ère de l’Anthropocène, marquée par l’empreinte destructrice de l’homme sur la Terre, nous oblige à repenser notre rapport au monde et à nous-mêmes.

Alors, comme le disait Gandhi : « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. »



Découvrir le livre


Découvrir le livre



Florence FERRARI 25 septembre 2026



Partager cet article
Étiquettes
Archive