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Réflexion-fiction : des visions d’Ézéchiel à celles de Jean De Patmos

27 mai 2026 par
Jean-François GUERRY

Ils étaient désespérés, à la recherche de l’architecte, soupçonnant l’assassinat de celui-ci,

ayant succombé sous les coups de l’ambition, de l’ignorance et du fanatisme qui obscurcissent la terre : une légende hier, une actualité aujourd’hui.


C’était bien avant la destruction du premier Temple à Jérusalem ; celui-ci n’était même pas

achevé.


Il a fallu beaucoup de courage, de persévérance, de fidélité et d’esprit de justice aux Maîtres

architectes pour terminer cette construction, en l’absence des mots et de la parole du Maître défunt. Mais le génie qui était en eux leur parla dans leur Boulomie, parce qu’ils étaient dans le lieu où l’on veut. Ils ont relevé le défi de la renaissance du Maître, qui est apparu dès lors à ces hommes éclairés : « aussi radieux que jamais ». Ils finirent par construire, dans la partie la plus haute, donc la plus éclairée du Temple, le Tabernacle qui contient la Lumière éternelle de l’Esprit vivant, qui sans cesse irradie les âmes des hommes et élève leur esprit.


Pourtant, la démesure, la redoutable hubris, veille toujours dans l’ombre, avec son cortège de passions tristes. Salomon le Sage lui-même succomba, entraînant avec lui le Temple dans le gouffre des ténèbres. Les ouvriers les plus zélés et fidèles furent dispersés sur la surface de la terre. Quelques-uns, les meilleurs d’entre eux, pleuraient au bord du fleuve à Babylone, à la fois grande prostituée et porte du ciel. La clameur de leurs chants, la ferveur de leur esprit montaient ; ils n’avaient pas oublié Jérusalem.


Un homme, Ézéchiel, eut une triple vision. D’abord, il vit un char dans le ciel, avec un trône

sur lequel siégeait un homme dans un halo de lumière. Les quatre roues du char scintillaient comme une pierre de chrysolithe ; ces roues avaient pour nom : Galgal, le Cercle. La première des roues avait une face de Kéroub, la deuxième une face d’homme, la troisième une face de lion, la quatrième une face d’aigle. Quand les roues s’élevaient, l’esprit du vivant était en elles, aussi radieux que jamais !


Dieu parla ainsi à Ézéchiel : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de

toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai ».


« Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de

votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous un

esprit nouveau… »


La deuxième vision d’Ézéchiel : guidé par la main du Seigneur, il fut déposé dans une vallée

remplie d’ossements, où la chair avait quitté les os. Alors le Seigneur l’interrogea : « Fils

d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? » Ézéchiel ne pouvait répondre. Le Seigneur

l’aida : « imagine que l’esprit pénètre ces ossements ; alors ils pourront revivre ». Nous

savons que nous sommes vivants de chair, de cœur et d’esprit. Sur ces paroles, les ossements se redressèrent, en se recouvrant de chair : aussi radieux que jamais. La lumière de l’esprit avait pénétré la chair, la Maîtrise avait pris corps, la vie de l’esprit était dans les corps. Les tombeaux des ténèbres de la mort s’étaient ouverts à la lumière de l’esprit de la vie.


La troisième vision d’Ézéchiel : le Temple, maison d’accueil de Dieu, avait été détruit. Cyrus,

le roi de Perse, qui retenait captifs les Hébreux, eut un rêve : Dieu lui enjoignait de libérer les

Hébreux pour qu’ils reconstruisent leur Temple. Ézéchiel eut la vision de ce Temple

reconstruit par le prince Zorobabel, fidèle esprit de lumière, qui permit de ressusciter le

deuxième Temple avec son épée de justice dans une main et sa truelle, qui met le ciment de la fraternité entre les pierres. La lumière brilla à nouveau sur la montagne à l’Orient.


Las, le deuxième Temple fut détruit comme le premier. Les holocaustes n’étaient que chair ;

les règles du Temple étaient dévoyées par l’ambition, la vanité, l’ignorance et l’injustice. Sur

les bords de la mer Morte, à Qumran, près de Massada, un homme de la communauté des

Esséniens, Jésus, le prophète le plus humble de tous, qui n’était pas venu pour annoncer, mais pour accomplir, fit de l’homme un Temple et donna sa vie en sacrifice pour remplacer les holocaustes. La nouvelle loi de l’amour et de l’esprit était née.


Un de ses disciples, Jean, dit de Patmos, l’île grecque où il avait trouvé refuge dans une

caverne, une sorte de cabinet de réflexion, eut ce que les chrétiens appellent une révélation ;

nous dirons plutôt un dévoilement de la lumière de l’esprit. Il vit dans le ciel la nouvelle

Jérusalem céleste : le Temple spirituel, celui de l’esprit, aussi radieux que jamais ne le furent

tous les autres Temples, un Temple éternel qui est en nous et nous rend aussi radieux que

jamais.


​Jean-François Guerry.


www.lafrancmaconnerieaucoeur.com

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Jean-François GUERRY 27 mai 2026



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