Le temps est venu de nous unir avec nos mains et nos cœurs, en fraternité.
Moment sacré s’il en est, moment de communion dans l’espace sacralisé. Notre
main droite, comme celle d’Aristote tournée vers la terre, se saisit de la main de
notre frère tournée vers le ciel ; notre main gauche, celle du cœur tournée vers le
ciel, comme Platon, reçoit la main d’un autre frère tournée vers la terre. C’est le
rassemblement de ce qui est en bas vers ce qui est en haut, pour ne faire qu’une
seule chose : une chaîne d’union fraternelle.
Nous allons bientôt nous quitter momentanément, sans pour autant rompre nos
liens indéfectibles. Nous ne saurions rester figés entre nous : le monde nous
attend, nos frères attendent, sortons des ténèbres et cherchons la Lumière de la
Vérité. En restant humbles et vigilants, car l’ego veille toujours dans l’ombre.
« Le vrai livre de sagesse nous force à en rabattre. Le saint part sur les routes,
avec le lever du soleil, pour convertir le monde et s’aperçoit, le jour tombé,
qu’il n’y parviendra jamais s’il ne commence par se convertir lui-même au
monde. » ¹
Le Maître Maçon accomplit son devoir d’abord en se gouvernant lui-même et en
regardant les colonnes fixées dans le sol, qui puisent leurs forces dans la terre et
dont les chapiteaux sont tournés vers le ciel ; elles marquent l’espace sacré du
passé : l’itinéraire qui jalonne notre présent et inspire notre avenir. Pas de
fraternité sans chaîne d’union : « Là où il y a un nous, il y a une sacralité ; et là
où le nous se disloque, le sacré s’estompe. »²
Jean-François Guerry.
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1 Régis Debray. Le moment fraternité. Page 54. Éditions Folio Essais.
2 Ibid Page 57
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